Le travail de l'apiculteur en

Janvier

Janvier est un mois critique au coeur de l’hiver apicole. Alors que le froid s’installe et que le rucher semble plongé dans le repos, chaque colonie lutte silencieusement pour sa survie. Les abeilles forment une grappe serrée, produisent leur propre chaleur, consomment leurs réserves de miel et de sucre, et protègent leur reine comme un trésor.

Dans la ruche
En janvier, les abeilles vivent au ralenti. La colonie entre dans une période de repos, appelée hivernage des abeilles. Regroupées en abeilles en grappe, elles limitent leur activité afin de réduire la consommation de nourriture. La production de chaleur est assurée par les muscles thoraciques, permettant de maintenir une température dans la ruche proche de 35 °C au niveau du coeur de la grappe, même par grand froid.
Cette activité réduite n’est pas sans coût : la consommation de miel reste continue. En absence de couvain, une colonie consomme en moyenne 1 kg de miel par mois. Dès que la reprise de la ponte débute, cette consommation augmente fortement.
Hivers doux : une menace sous-estimée : Le dérèglement climatique modifie profondément l’hivernage. Lors d’hivers doux, la reine recommence à pondre plus tôt. Dans certaines zones méditerranéennes ou océaniques, cela peut arriver avant la fin janvier. Sur le papier, la colonie semble dynamique. En réalité, elle puise fortement dans ses réserves alors que les fleurs ne sont pas encore au rendez-vous.
Dans les régions tempérées, on observe aussi des sorties lors des belles journées hivernales. Ces vols de propreté paraissent anodins. Pourtant, ils coûtent très cher en énergie. Les études de physiologie montrent que le métabolisme en vol peut être des dizaines de fois supérieur au métabolisme de repos chez les abeilles. Chaque vol hivernal représente donc un coût énergétique très important par rapport au fait de rester immobile dans la grappe. Ce n’est pas le rôle des abeilles d’hiver d’aller butiner. Faire travailler ces dernières augmentent le risque de perte de ruches au printemps car elles se seront épuisées à la tâche

La grappe se déplace au fur et à mesure sur les cadres pour accéder aux réserves de miel. Une rupture de continuité (cadres vides, réserves mal réparties) peut entraîner un risque de manque de nourriture, même dans une ruche encore lourde.
Les conditions climatiques jouent un rôle clé :
En cas de journée ensoleillée ou de belle journée, on observe parfois un vol de propreté à l’entrée de la ruche.
Ces sorties restent utiles, mais énergivores.
Un excès de sorties hivernales fragilise les abeilles d’hiver, essentielles à la survie de la colonie.

En plein hiver, entre 500 et 2 000 abeilles peuvent mourir chaque mois, selon la force de la colonie et le contexte. Ce chiffre impressionne, mais il reste physiologique. Il ne témoigne pas de l’état de santé des abeilles. Elles détectent les cadavres grâce à l’acide oléique, une phéromone typique des individus morts. Une colonie en bonne santé évacue ces corps dès qu’un beau jour le permet.
Voir un tapis de cadavres sur le plancher n’est donc pas forcément un mauvais signe. En revanche, des abeilles mortes accrochées aux cadres, ou une absence totale de nettoyage, doivent alerter. Ces signaux peuvent trahir une colonie très affaiblie, une maladie ou un problème d’humidité.
L’hygiène passe également par la réalisation de vols de propreté dès que quelques rayons de soleil réchauffent l’entrée de la ruche. Ces sorties brèves permettent aux abeilles d’évacuer leurs déjections à l’extérieur, évitent les souillures internes et limitent la prolifération de germes dans la colonie.

Les premiers signes de reprise de la ponte au printemps : À partir de la mi-janvier, surtout dans le sud de la France, la dynamique change doucement. L’allongement des jours, pourtant discret, agit sur la colonie. La lumière qui pénètre par le trou de vol ou qui vient taper sur la paroi du corps stimule peu à peu les abeilles. Selon les conditions de température, la ponte de la reine recommence. Les premiers oeufs apparaissent et les nourrices reprennent la production de gelée royale. L’observation des abeilles reprend doucement.
Dans les régions plus froides (nord-est, montagne, centre-est), ce redémarrage arrive plus tard. Souvent en mars ou avril. Cette diversité régionale est essentielle à comprendre. Un apiculteur en Provence surveille l’état des réserves dès la mi-janvier. En Alsace ou en Bourgogne, la ruche en janvier reste plus stable et l’essentiel du démarrage se joue plus tard.

Au rucher :
Pour l’apiculteur, le mois de janvier est généralement un des plus calme. On en profite pour effectuer des promenades de surveillance.
Par une belle journée, allez poser la paume de la main sur le fond du couvre-cadres nourrisseur. S’il est mince, vous pourrez sentir une certaine tiédeur. C’est le signe d’une colonie vigoureuse.
Coté nourrissement, placer des pains de candi, même si les ruches sont lourdes. Vous réservez les réserves de miel et pollen qui seront bien nécessaires en avril si la pluie ou le froid faisaient des leurs. La colonie en pleine croissance de couvain serait en manque de nourriture chaque fois que les butineuses ne pourraient sortir. Le candi protéiné sera pris comme les réserves de miel, il ne sera pas stocké.

Varroa : la fenêtre de traitement de janvier : Janvier s’inscrit dans la période stratégique pour traiter le varroa en absence ou quasi-absence de couvain. Si la colonie n’a pas reçu de traitement complet à l’automne, c’est souvent le dernier moment pour agir efficacement.
Précautions indispensables :
• Utiliser uniquement des traitements avec AMM.
• Porter des protections adaptées : masque, gants, combinaison.
• Respecter les consignes de température, de météo et de durée.
• Se rapprocher de son vétérinaire, du GDSA ou d’un TSA pour les conseils locaux.
Pour certains, une seconde fenêtre existe fin janvier / début février. Tout dépend alors du climat et de la présence résiduelle de couvain. Surveiller le varroa en janvier, c’est investir directement dans la santé des abeilles pour l’année suivante.

C’est le temps de l’entretien des corps de ruche, des hausses. Nettoyage, peinture, imprégnation, selon les habitudes de chacun. Il n’y a pas de remède miracle, un produit de qualité pour assurer une bonne protection sur un bois de mauvaise qualité ne donne pas de résultat satisfaisant. Avec des bois de qualité, les ruches sont encore là ½ siècle plus tard ! Ne jamais lésiner sur la qualité des corps de ruche.

La désinfection des bois se fait avec un gros chalumeau, la buse pour souder les bandes d’étanchéité au goudron. Il faut chauffer fort, car les spores de loques résistent jusqu’à 140 °C, le bois doit bien brunir tant elles s’incrustent. Le propane chauffe bien plus que le butane, c’est à prendre en compte. Pour les plastiques, la désinfection se fera dans un bain de cristaux de soude à 10 % (carbonate de soude) bien chaud (70°c maxi). Puis un trempage dans un bain d’eau de javel 1 berlingot dans 4,75 l d’eau. Le plus difficile est de trouver un bac au format. Il est possible d’utiliser un bac à vendange dans lequel entrent les plateaux de sol Nicot.
La désinfection des gants se fait dans un bain d’eau et de chlore (5 l d’eau et 2 pastilles de javel ou de chlore). Le lève cadre sera passé à la flamme du chalumeau.
Les vêtements seront lavés en machine et désinfectés par trempage durant 1/2 heure dans une eau fortement javellisée, 1 litre pour 5 litres. Ce traitement devrait être fait une fois par mois en pleine saison. Le voile sera lavé à la main. Il faut bien se rappeler que les maladies ont d’abord pour origine les pratiques de l’apiculteur.

L’humidité est souvent plus dangereuse que le froid. La colonie respire, consomme, évapore de l’eau. Cette vapeur se condense sur les surfaces froides du toit. Des gouttes tombent alors sur la grappe. Les abeilles se refroidissent et les maladies fongiques trouvent un terrain idéal.
La protection contre le froid passe par une bonne isolation, associée à une aération maîtrisée, permet :
• D’éviter la condensation,
• de maintenir un air sain dans l’intérieur de la ruche,
• de réduire les risques de maladies fongiques.
Une ruche bien protégée est une ruche qui traverse mieux le coeur de l’hiver.



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Décembre

Décembre est maintenant le temps de l’hivernage.

Dans la ruche
Les abeilles se pelotonnent autour de leur reine. Elles se regroupent en grappe, de plus en plus serrée si la température extérieure diminue de façon à limiter les courants d’air et conserver la chaleur.
En décembre, la colonie dépense la plus grande partie de son temps à réguler la température à l’intérieur de la ruche. La ponte est inexistante et la population reste stable. L’activité de la colonie est au ralenti… L’hiver, lorsque la température extérieure est inférieure à 18°C, la température du nid en présence de couvain doit se maintenir vers 34°C. Sans couvain, les abeilles peuvent survivre avec une température minimale de 13°C au coeur de l’essaim.
Si durant le printemps et l’été les colonies sont très actives et donnent une récolte à la fin de la saison, en hiver, c’est le repos et le maître-mot est la paix. Cela ne veut pas dire laisser la ruche d’abeille sans surveillance, mais il faut y jeter un oeil de temps en temps : le toit, les parois… L’essentiel est de ne pas faire du bruit ou trop de mouvements pour ne pas brusquer les abeilles. Si on découvre un bon nombre d’abeilles mortes, il n’y a pas lieu de paniquer, c’est normal en cette période. La mort naturelle les touche en hiver et on peut compter dans les 3 000 morts en trois mois. Pour l’hygiène de la ruche, il est préférable mais non obligatoire de la débarrasser des cadavres au moyen d’un crochet.

Au rucher
L’apiculteur effectue des promenades de surveillance, renforce l’isolation, veille à ce que la ruche ne soit pas attaquée et reste vigilant sur les réserves.
Il est très important de ménager la tranquillité des abeilles : dérangées, elles s’agitent et consomment des provisions. Le stock doit rester conséquent et le plus longtemps possible. Il doit passer l’hiver, dont on ne peut supposer la durée et la rigueur. Ces réserves conditionnent l’état de la colonie, sa vigueur à la reprise de fin d’hiver. En cours de mauvaise saison, une « surconsommation » participerait à un encombrement intestinal, à un moment peu propice à la sortie d’hygiène
Il est tard et nuisible de donner de la nourriture liquide par temps froid. Telle opération stimulerait la ponte, l’élevage de couvain et gaspillerait aussi les provisions. Vraiment, en cas d’absolue nécessité de « sauveté », il peut être envisagé de donner du candi : directement sur cadres, sous nourrisseur retourné, mais le risque demeure qu’il ne soit même pas utilisé (s’il fait trop froid pour la grappe). L’apiculteur avisé a su nantir son cheptel en tout début d’automne. Une ruche qui souffre moins du froid et une ruche qui hiverne mieux. Restent quelques précautions : pour la ruche comme pour la maison, le gros de déperdition de chaleur se fait par le haut. Tentez donc un maximum de ‘’calorifugeage‘’ : coussin de paille, plaque polystyrène, morceaux de vieille couverture, carton ondulé, journaux… pourront être mis sous le toit. On profitera encore de l’occasion pour vérifier son étanchéité, s’assurer de sa stabilité et le lester : il ne s’agit pas qu’il s’envole ! Voyez aussi la grille d’entrée : elle doit résister aux assauts d’éventuels intrus. Enfin, assurez-vous d’un maximum de précautions pour parer aux risques d’humidité : l’abeille y est encore plus sensible qu’au froid dont elle se défend mieux (en s’alimentant !).

Vous utiliserez quelques moments d’hiver pour parfaire au nettoyage de votre matériel, si ce n’est déjà fait ; les cadres de réserve seront passés en revue, grattés, réparés, re-cirés… Montez et cirez quelques cadres neufs qui vous seront utiles pour la saison prochaine et vous éviteront recherche et précipitation au moment opportun. Profitez de l’inactivité des abeilles pour entretenir les abords du rucher. Vous prendrez le temps pour aménager, débroussailler vos emplacements (sans mettre en route des moteurs !). Envisagez quelques plantations d’aromatiques ou plantes mellifères. Il est vrai que la production de miel nécessite des étendues, mais pour l’amateur, un petit terrain d’abord, apte à se développer seul ensuite, peut présenter un intérêt : thym, romarin, bourrache, sauge… Condimentaire ou de tisane… À votre convenance. Le but étant de diversifier les sources de nectar et de pollen.

Déclaration de vos ruches avant le 31 décembre
Tout apiculteur est tenu de déclarer chaque année entre le 1er septembre et le 31 décembre les colonies d’abeilles dont il est propriétaire ou détenteur, en précisant notamment leur nombre d’une part et leurs emplacements d’autre part. La déclaration est obligatoire dès la première colonie détenue. Cette déclaration concourt à une meilleure connaissance du cheptel apicole français et participe à sa gestion sanitaire, notamment face à la menace que représente le parasite Aethina tumida. Elle permet également de mobiliser des aides européennes dans le cadre du Plan apicole européen permettant un soutien à la mise en oeuvre d’actions en faveur de la filière apicole française.



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Novembre

Dans la ruche en novembre, la saison apicole s’efface doucement derrière l’hiver. Pourtant, cette période n’est pas une simple parenthèse : ce qui se joue maintenant dans la ruche conditionne directement la reprise du printemps suivant. Comprendre les dynamiques naturelles et adapter sa conduite au climat et au type de ruche utilisé sont les clés d’une bonne préparation hivernale.
La surveillance générale et, principalement alimentaire, sera donc de mise en ce mois de novembre.
La pression du frelon asiatique est toujours bien présente. Le frelon a besoin de chaleur pour se développer, sa présence devrait drastiquement diminuer à l’approche de novembre, mais il faut pour cela des journées plus froides en dessous de 13°c. C’est pour lui la période de reproduction, le piégeage reste de rigueur.

Dans la ruche
Une activité réduite dans la ruche mais pas une « mise en pause »
En octobre, l’apiculteur a préparé ses colonies en favorisant la naissance d’abeilles d’hiver, plus robustes et capables de vivre plusieurs mois. Ces abeilles, élevées en fin de saison lorsque la population d’été décline, deviennent les piliers de la colonie durant toute la période froide : elles assurent la thermorégulation, la ventilation et la protection des réserves, tout en constituant la future force de reprise au printemps.
Lorsque les températures chutent durablement sous les 12 °C, ces abeilles d’hiver forment la grappe d’hiver, un amas compact centré sur le couvain ou, s’il n’y en a plus, sur les réserves. L’activité extérieure est quasi nulle : les vols cessent, les gardiennes se replient à l’intérieur, et la colonie entre en mode économie d’énergie. Cependant, contrairement aux idées reçues, la ruche n’est pas totalement « endormie ». Le métabolisme collectif reste actif : les abeilles ventilent, maintiennent une température centrale stable autour de 34–35 °C et consomment les provisions de miel.
Des situations contrastées selon les régions. En plaine, dans le Sud ou sur le littoral atlantique, les douces journées automnales peuvent encore offrir des fenêtres de vol. Certaines colonies profitent de floraisons tardives (lierre, arbousier, luzerne résiduelle) pour compléter leurs réserves ou effectuer des vols de propreté.

Impact du changement climatique : Les automnes plus doux et irréguliers perturbent les rythmes naturels :
Dans certaines régions, la ponte se prolonge parfois jusqu’en novembre, animant les ruches d’une vitalité inhabituelle pour la saison. Si cette activité tardive peut sembler bénéfique, elle s’accompagne d’une consommation accrue des réserves, pouvant faire planer la menace d’une disette en fin d’hiver. Les floraisons tardives, imprévisibles, offrent un sursis capricieux : elles peuvent enrichir les provisions mais aussi brouiller les repères de l’apiculteur lors des pesées ou retarder la mise en grappe. À cela s’ajoutent les variations brutales de température, oscillant entre douceur et froid mordant, qui mettent à rude épreuve la cohésion des colonies, en particulier les plus modestes.
Ces nouvelles conditions demandent une lecture fine de l’état des colonies, davantage qu’une application stricte du calendrier traditionnel.

Au rucher
La règle d’or : ne pas ouvrir inutilement. Observer sans déranger.
L’apiculteur se fait discret, presque invisible. Il s’approche doucement de la ruche et colle son oreille contre la paroi, ou utilise un stéthoscope : un bourdonnement doux et régulier lui parvient, signe d’une colonie calme et bien organisée. Sur les planches d’envol, les indices s’accumulent comme sur une scène d’enquête. En effet, quelques débris de cire, des abeilles mortes ou des cadavres de frelons et de varroas livrent des informations précieuses sur la santé et l’activité intérieure. Enfin, il soupèse la ruche d’un geste mesuré, évaluant son poids pour anticiper d’éventuels besoins en nourrissement de secours à la sortie de l’hiver. En moyenne, une colonie doit disposer d’environ 15 à 20 kg de miel pour passer la saison froide sereinement. Cette moyenne dépend cependant de la taille de la ruche et du climat local.
Assurer la stabilité et la protection : L’apiculteur veille à ce que les toits soient bien étanchéifiés et fixés (vents violents, pluies froides). Il est temps de mettre les portes d’entrées. Elles jouent un rôle de protection contre les intrusions de rongeurs en quête de refuge.
Une bonne ventilation sans courant d’air reste essentielle pour éviter la condensation, responsable de moisissures et de refroidissements localisés.
Pour éviter l’accumulation d’humidité dans la ruche, il est aussi conseillé d’incliner légèrement la ruche vers l’avant, favorisant ainsi l’évacuation naturelle de la condensation et de l’eau de pluie.

Faire le point sur le matériel et la saison
- Novembre est aussi le moment stratégique pour l’apiculteur;
- Nettoyage et désinfection des hausses, cadres et outils ;
- Réparation ou remplacement du matériel endommagé ;

Analyse des pesées et des notes de la saison pour ajuster les pratiques (choix des emplacements, conduite des reines, nourrissement estival…).

Piégeage du frelon asiatique
C’est en automne (octobre à novembre) que les femelles reproductrices de la nouvelle génération quittent le nid en compagnie des mâles pour s’accoupler ; elles sont les seules à hiverner tandis que les mâles, les dernières larves et les ouvrières meurent. Les plus grands nids peuvent produire plus de 13 000 individus au cours de la saison (d’avril à novembre) et peuvent contenir à l’automne près de 2 000 ouvrières qui élèvent au moins 500 futures fondatrices, mais probablement plus d’un millier, et autant de mâles. Selon les régions, la pression sur la colonie est encore bien présente, le piégeage reste de rigueur. Mais afin de limiter l’impact sur les autres espèces, il est indispensable d’utiliser des pièges sélectifs.

Les plantes mellifères de novembre
- Le viorne tin (Viburnum tinus), en fleur de novembre à avril, illumine le jardin hivernal. Ses inflorescences riches en nectar et pollen offrent une ressource précieuse aux abeilles et aux insectes auxiliaires lorsque la nature se fait plus discrète.
- Les Éléagnus (ou chalefs) sont des arbustes rustiques et généreux, capables de s’adapter à presque tous les types de sols. Leur floraison discrète mais abondante, d’octobre à janvier, diffuse un parfum suave et offre aux abeilles une source régulière de nectar et de pollen en plein coeur de l’automne et du début d’hiver.
- Le néflier du Japon (Eriobotrya japonica), en fleurs début novembre, égaie le jardin de ses inflorescences blanches et parfumées. Mellifère, il offre aux abeilles une ressource énergétique rare à une période où les floraisons se font discrètes.



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Octobre

En octobre dans la ruche, c’est la phase cruciale : la préparation à l’hivernage. Les températures chutent progressivement, les jours raccourcissent et la végétation profite de ses derniers éclats. Les abeilles butinent encore le lierre, la ravenelle, le trèfle ou la sarriette, mais la saison touche à sa fin. Bientôt, les premières gelées. C’est une période déterminante où chaque colonie s’organise pour affronter l’hiver, tandis que l’apiculteur veille attentivement à mettre en place toutes les conditions favorables au bien-être et à la survie de ses abeilles.

Dans la ruche
La reine réduit fortement sa ponte, parfois jusqu’à s’interrompre complètement. Il y a un ralentissement marqué. Les derniers cadres de couvain se ferment. Cette stratégie permet d’économiser les ressources en miel et en pollen, devenues précieuses. Les abeilles commencent à puiser dans leurs provisions stockées durant l’été, tout en restant vigilantes face aux pillages et aux frelons encore actifs.
À mesure que les températures chutent, les abeilles se rassemblent en grappe compacte autour de la reine et du couvain restant. Ce regroupement, véritable coeur battant de la colonie, permet de maintenir une chaleur interne stable, autour de 27 à 35 °C au coeur et 6 à 12°C en périphérie. Les abeilles d’hiver, dotées d’un corps gras développé par la vitellogénine, assurent ce travail de thermorégulation. Leur mission est cruciale : protéger la reine, économiser l’énergie et garantir la survie de la colonie jusqu’au printemps. Les réserves de miel constituent alors leur seule assurance-vie.

Au rucher
Vérifier les réserves alimentaires :
Dans la ruche une colonie doit disposer d’au moins 15 à 20 kg de miel operculé pour passer l’hiver dans de bonnes conditions (source : Institut de l’abeille – ITSAP). Cette valeur correspond à la consommation moyenne d’une colonie de taille standard entre octobre et mars. En cas de manque, l’apiculteur peut compléter avec du sirop lourd (70 % sucre, 30 % eau), distribué en plusieurs apports de 2 à 3 litres, espacés d’une semaine environ, avant la baisse des températures En effet, en deçà de 10-14°C, ce sirop devient difficile à transformer par les abeilles. Elles risquent de le stocker mal operculé, provoquant de l’humidité et des fermentations. Si ces températures sont atteintes en octobre préférez l’apport de candi, voire un candi protéiné. Ce dernier permet d’assurer la production d’abeilles d’hiver robustes, mieux armées pour traverser la saison froide et relancer la colonie au printemps.

Contrôler l’état sanitaire et le varroa :
Le varroa destructor reste l’ennemi principal en automne. Sans traitement, une infestation peut réduire la population d’abeilles d’hiver de 30 à 50 %, à cause des nombreux virus qu’ils transmettent : ailes déformées, etc, compromettant ainsi l’hivernage.
Pour ceux qui utilisent des lanières, les retirer et les gratter (les griffer d’un coup de cutter) pour relancer le dégagement des produit chimiques, les replacer dans le couvain et prévoir de les enlever suivant les recommandations du vétérinaire
L’apiculteur doit hiverner les colonies dans un excellent état sanitaire.

Réduire les entrées et protéger la colonie :
La pression du frelon asiatique (Vespa velutina) reste très forte jusqu’aux premières gelées. Chaque individu peut capturer en moyenne 30 abeilles par jour, ce qui affaiblit lourdement les colonies et cause un stress important. Les portes anti-frelons, les muselières et autres pièges sont donc indispensables en octobre. Les portes anti-frelon, même si, elles ne sont pas infaillibles, jouent un double rôle : freiner les attaques du frelon et empêcher l’intrusion d’autres envahisseurs comme les mulots. Ces entrées réduites limitent aussi les risques de pillage.

Optimiser l’isolation et gérer l’humidité :
La gestion de l’humidité dans une ruche est un enjeu crucial pour la santé des abeilles. Deux approches principales coexistent : la méthode classique, qui privilégie l’aération pour évacuer l’humidité, et la méthode dite « ruche basse consommation », qui mise sur l’isolation pour limiter la condensation tout en acceptant une humidité relative plus élevée. Cette humidité régulée par les abeilles joue un rôle positif : elle maintient l’élasticité de la cire, facilite la bonne conservation du miel, favorise un développement optimal du couvain et, selon certaines études récentes, pourrait aussi limiter partiellement la reproduction du varroa en réduisant son taux de survie dans des conditions très humides
Dans les deux cas, l’équilibre est clé : trop d’humidité ou trop de sécheresse sont néfastes. Les abeilles tolèrent mieux une humidité relative élevée (jusqu’à 80-90%) si elle est stable et sans condensation.

Ranger et préparer le matériel :
L’automne est aussi la saison de la préparation. Les cadres vides et les hausses doivent être stockés à l’abri des fausses-teignes, qui peuvent détruire un cadre en quelques semaines. Les hausses et extracteurs doivent être nettoyés soigneusement, car les résidus de miel attirent moisissures et rongeurs. L’idéal est de stocker les hausses sous un auvent en favorisant une ventilation haute et basse.
Les cires gaufrées se conservent mieux dans un endroit sec et hermétique, à l’abri des insectes xylophages.

Observer sans déranger :
En octobre, l’ouverture de la ruche refroidit la grappe et peut coûter plusieurs centaines d’abeilles par visite. L’apiculteur privilégie donc l’observation externe. Un vol d’abeilles régulier par temps doux (10–15 °C) indique une colonie active et saine. Au contraire, une absence totale d’activité peut révéler une colonie morte ou très affaiblie. L’écoute reste aussi un bon indicateur : un bruissement uniforme signale une colonie équilibrée, tandis qu’un bruit faible et irrégulier peut indiquer une reine absente.

Les plantes mellifères d’octobre :
Même si les ressources se raréfient, certaines plantes jouent encore un rôle majeur pour soutenir les colonies. Le lierre constitue la principale ressource nectarifère et pollinifère de l’automne. Son nectar riche en sucres et son pollen gras sont essentiels à la constitution des abeilles d’hiver. Dans certaines régions, la bruyère callune, le trèfle blanc de repousse, certaines astéracées ou encore l’inule visqueuse tardives apportent des compléments non négligeables. Ces apports permettent de stimuler la ponte résiduelle et d’améliorer les réserves protéiques. Leur présence dans l’environnement proche du rucher conditionne directement la vitalité et la longévité des colonies pendant l’hivernage.



Le travail de l'apiculteur en

Septembre

Septembre est une période de transition. Après un mois d’août particulièrement sec et chaud, selon les régions, l’apiculteur peut en être à des stades très différents. Tandis que certains font une dernière récolte, d’autres peuvent faire leur mise en pot et/ou préparer l’hiver et la saison suivante. L’objectif reste clair : assurer la survie hivernale et garantir un printemps vigoureux. Trois priorités guident l’apiculteur : état sanitaire, réserves suffisantes et lutte contre le frelon asiatique.

Dans la ruche :
En septembre, les ressources mellifères diminuent. Le lierre, les asters ainsi que la bruyère callune constituent les dernières grandes sources de nectar et de pollen. Le raccourcissement des jours et la baisse d’ensoleillement réduisent la durée des vols. Par conséquent, les butineuses sortent moins longtemps et concentrent leurs efforts sur le stockage des réserves. Les colonies adaptent leur activité pour consolider ce qui reste.
La reine réduit progressivement sa ponte. La colonie produit une nouvelle génération d’abeilles dites « d’hiver » ou abeilles diutinus (qui dure longtemps). Contrairement aux abeilles d’été, leur longévité est de 4 à 6 mois. Elles ne vivent pas plus longtemps parce qu’elles travaillent moins, mais parce que leur physiologie est particulière : elles accumulent des réserves protéiques dans leur corps gras, ce qui leur permet de survivre à la disette hivernale et de maintenir la grappe. La qualité et l’abondance du pollen disponible influencent, donc directement leur vigueur.

Au rucher :
Faire la visite générale d'automne.
C’est un inventaire, un état des lieux qui vise à constater, éventuellement cadre par cadre, l’état sanitaire de la colonie, ce que le couvain peut renseigner ; la situation des réserves, tant en pollen qu’en miel. Un hivernage réussi dépend de réserves suffisantes. On estime qu’une colonie doit disposer de 15 à 20 kg de miel pour passer l’hiver. L’apiculteur évalue le poids de la ruche et complète si besoin avec du sirop lourd (70 % sucre – 30 % eau). Ce nourrissement doit être effectué tôt, afin d’éviter que les abeilles d’hiver s’épuisent dans des activités de transformation du sirop. Si les apports naturels en pollen sont insuffisants, il peut également distribuer des substituts protéinés. Ces compléments favorisent le développement du corps gras des abeilles, renforcent leur résistance face au varroa et améliorent leur longévité hivernale.

Lutter contre le varroa

Septembre marque souvent la dernière fenêtre pour agir contre le varroa. Plus qu’une question de calendrier, c’est surtout la fin de la dernière récolte qui détermine le moment d’intervenir. Dès celle-ci effectuée, les traitements acaricides disposant d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) doivent être appliqués sans délai.
Un suivi précis du niveau d’infestation reste indispensable : comptage des chutes naturelles, test au sucre glace ou au CO₂. L’efficacité du traitement conditionne directement la santé et la survie des abeilles d’hiver, qui doivent impérativement être préservées de la pression parasitaire.
Lutter contre le frelon asiatique
Cette année, dans certaines régions, la pression du frelon asiatique a commencé très tôt, accentuant la prédation sur les colonies. Le stress provoqué par ces attaques réduit l’activité de butinage. Il limite, donc, le stockage des réserves et fragilise la colonie en fin d’hiver.
Selon le niveau de présence observé autour du rucher, une stratégie intégrée est recommandée :
• Muselières pour limiter l’accès direct au trou de vol ;
• Harpes électriques efficaces pour neutraliser les frelons adultes ;
• Piégeage sélectif avec appâts adaptés pour éviter les captures d’insectes non ciblés.
L’association de ces méthodes permet de réduire significativement la pression et d’améliorer les chances de survie des colonies à l’hivernage. Toutefois, la meilleure solution reste, bien évidemment, la destruction de nid (réalisée par un professionnel).

Réorganiser, resserrer les colonies
En septembre, l’apiculteur réduit l’espace disponible dans la ruche afin de limiter le refroidissement et de concentrer la colonie. Les hausses et cadres vides doivent être retirés, et une partition peut être placée si nécessaire.
Par ailleurs, les colonies trop faibles peuvent être réunies afin d’augmenter leurs chances de survie durant l’hiver.

Rétrécir les entrées pour éviter le pillage
Noter les détails des traitements et nourrissement dans le registre d'élevage



Le travail de l'apiculteur en

Aout

Au mois d’août, si les conditions météo se maintiennent, chaleur et sécheresse couperont court à la disponibilité des ressources jusqu’au mois prochain. Il est important de visiter les colonies pour vérifier si elles doivent être protégées du soleil et surveiller les réserves. C’est également le moment pour commencer les traitements contre Varroa. La pression du frelon asiatique risque également de s’accentuer, si c’est le cas, c’est le bon moment pour installer les muselières et les pièges.

Dans la ruche
La population de la ruche a commencé à décroître et la récolte a privé la ruche d’une part importante de ses réserves. Les floraisons abondantes sont terminées. Il reste cependant encore le tournesol. Moins de ressources, c’est un changement d’organisation dans la ruche. Les mâles vont être expulsés.
Pour un bon hivernage, il est important que des abeilles jeunes soient en nombre important d’ici la fin de l’été.

Au rucher

Ayant récolté au plus tard à la mi-août, l’apiculteur doit maintenant préparer la ruche à l’hivernage. Deux mesures sont à prendre dans ce sens :
Traiter contre le varroa : L’apiculteur procède au traitement anti-varroa pour réduire le taux de varroa dans la ruche à un niveau tel qu’il devient supportable sachant qu’il ne serait pas possible de l’éradiquer totalement. Une fois la récolte effectuée, l’apiculteur commencera à nettoyer ses hausses vides, les accessoires et outils (pour éviter la contamination si la colonie est malade).
Renforcer les réserves : Pour renforcer les réserves, l’apiculteur procède au nourrissement en utilisant un sirop à forte concentration en sucre. Les abeilles stockent le sirop et reconstituent les réserves dont elles auront besoin pour passer l’hiver.
Le léchage des hausses : Pourquoi donner les hausses à lécher aux abeilles ?
Le léchage des cadres consiste, comme son nom l’indique, à « lécher » les résidus de miel présents sur les hausses et les cadres extraits, afin qu'ils soient entièrement vides avant d’être stockés, puis réutilisés. Cela permet d'obtenir des cadres secs qui se conserveront mieux pendant l'hiver. Le léchage du miel résiduel évite le problème de la fermentation des cadres de hausse et ce faisant, les oeufs et petites larves de fausse teigne sont aussi éliminés avant le stockage hivernal.

- La première méthode, la plus simple en apparence, consiste à laisser les cadres à lécher dehors, à l'air libre, et laisser les abeilles se charger du nettoyage. Cependant, beaucoup d’apiculteurs préfère éviter cette méthode car elle peut provoquer du pillage. Dans le cas des hausses mises à lécher en plein air, les butineuses de tous les ruchers du secteur s’infestent par contact, puis ramènent à leurs ruches le miel ingéré pour le stocker en réserve. Les contaminants du miel se dispersent alors au sein de la colonie d’origine. Les contaminations possibles sont : Transmission du varroa, et avec lui les nombreux virus dont il est le vecteur.
Contact des pillardes avec les bactéries et spores présentes sur les rayons et les abeilles, comme les agents de la loque américaine et européenne, nosémose, scosphérose.
Contact possible avec des espèces invasives présentes sur les rayons (Aethina tumida) et sur les abeilles (Tropilaelaps sp.). Ingestion de bactéries pathogènes : Nosema sp., Ascosphéra apis.

- Une seconde méthode consiste à faire lécher les cadres de ruches dans une hausse, sur la ruche, au-dessus d’un nourrisseur couvre-cadre. Cela permet de récolter les déchets de cire sans qu’ils ne tombent dans le fond de la ruche. Donner les cadres à lécher à des ruches fortes pour éviter les tentations de pillage. Donner les cadres à lécher à une ruche faible peut conduire à un pillage de cette ruche, parfois violent avec une forte mortalité d'abeilles.
Ne pas laisser les hausses à lécher plus de 48h sur les ruches, sans quoi elles pourraient les regarnir en miel ou bien attaquer la cire.
Le léchage des hausses est une pratique courante mais pas obligatoire, il est possible également de placer les cadres 48h au congélateur avant de les stocker minutieusement. Dans le cas d'une exploitation apicole de taille importante, on opte souvent pour le placement des hausses en chambre froide après l’extraction.



Le travail de l'apiculteur en

Juillet

Dans la ruche
En ce début de mois, Les abeilles vivent au rythme des floraisons, passé le solstice de la Saint-Jean (24 juin), les jours ont commencé à diminuer et la ruche va suivre le mouvement des jours. Pour les butineuses, l’arrière-saison sera l’occasion de peaufiner les récoltes pour l’hiver en pollens et en nectars.
Les journées longues et chaudes voient les allers-retours incessants des butineuses. De 6 heures du matin à 9 heures du soir, cela fait 15 heures d’activités. De quoi remplir les hausses si les floraisons sont là. De nouvelles fleurs comme la bourrache et la phacélie sont très appréciées des abeilles. La luzerne et le tournesol sont aussi en fleur selon le calendrier des agriculteurs. Le miel de tournesol est la première production de miel en France.

Au rucher
Si ce n’est déjà fait, le mois de juillet sera celui de la récolte. Pour en décider, il vérifie d’abord que les cadres de hausse sont remplis et operculés. Le miel non operculé ne dispose pas du faible degré d’humidité nécessaire à sa conservation une fois extrait.
Ensuite, l’apiculteur prépare sa récolte en plaçant un chasse-abeilles entre la ruche et la hausse la veille de la récolte. Ainsi, le jour de la récolte, il restera peu d’abeilles dans la hausse. Poser les hausses sur le flanc sur la ruche et brosser chacun des cadres, les poser dans une hausse vide ou dans une caisse à récolte. La recouvrir d'une toile lestée pour éviter les retours d'abeilles.
Éviter d'enfumer les hausses, le miel prendrait un goût de fumée, ce n'est pas encore la mode du miel boisé...
Après l’extraction, il pourra remettre les cadres dans leur hausse afin que les abeilles les lèchent et récupèrent le miel restant.
L’extraction se fera dans un lieu propre (cuisine, buanderie, ou miellerie collective…), au sol lessivable. Le miel sera mis dans un maturateur pendant une semaine à partir de là, la mise en pots sera faite dans un délai plus ou moins long selon le temps disponible. Selon la nature des sucres présents dans le miel on observe des cristallisations dès le 4e jour (colza) voire très tardivement (châtaignier) ou jamais (acacia). Mettre en pots rapidement permet aussi de conserver le maximum de saveurs ; les parfums des miels sont fragiles. Choisir des pots en verre conserve au miel son rang de produit de qualité voire de luxe.
Le suivi des colonies
Après cette dernière récolte, il est bon de noter l’état des colonies. Trois critères peuvent suffire :
- L’état sanitaire se vérifie par la qualité du couvain, régulier, serré, non mycosé, abondant. Signes d’une bonne reine et d’une colonie en bon état démographique entre les diverses catégories d’abeilles, nourrices et butineuses.
- Ensuite par le nombre des abeilles et un comportement « normal ».
- L’importance des récoltes faites et le corollaire des réserves disponibles dans les corps.
Une bonne odeur ne gâte rien, une odeur inconnue ou désagréable doit attirer immédiatement l’attention.
Un couvain dont de nombreuses cellules ne sont pas operculées, laissant une larve visible finissant par mourir, doit attirer l’attention sur l’infestation par le varroa. De même des abeilles aux ailes atrophiées sont le signe de maladies induites par le varroa.
Pour les essaims artificiels, le point de repère est qu’ils soient sur 4 cadres en juillet pour atteindre 5 cadres fin septembre. Ce point est à retenir absolument. Une fois la récolte terminée, l’apiculteur peut faire le premier traitement anti-varroa. Par exemple, des lanières anti-varroa sont placées de chaque côté du couvain. Elles y resteront quelques semaines. Demandez conseils à votre GDSA ! Transhumer les ruches : comme les ressources en nourriture s'appauvrissent, il est toujours possible de transhumer les ruches là où les floraisons sont plus tardives.



Le travail de l'apiculteur en

Juin

Ce mois de juin représente la fin du printemps et le début de l’été.
La météo du mois de mai a engendré beaucoup d’essaimage.
Face à cette situation, il est impératif de surveiller les réserves dans les ruches.
La lutte contre le frelon asiatique, doit se poursuivre activement.

Dans la ruche
Jusqu’au 21 juin, la reine pond abondamment dans la ruche. À partir du solstice, le manque de pollen et de nectar entraîne une diminution de la ponte et 21 jours plus tard, le 14 juillet, les naissances sont plus abondantes que les oeufs pondus. Jusqu’à la mi-juillet, les abeilles continuent de bâtir. En effet, la construction est le fait des cirières ; c’est-à-dire des abeilles qui ont atteint environ 12 jours d’âge. Cette production dure moins d’une semaine. Cette très courte fonction cirière chez l’abeille donne lieu à la construction des rayons dans la mesure où le nombre de cirières est important et que nectar et pollen rentrent en abondance. Le solstice marque donc un vrai changement de saison pour les abeilles.
Le calendrier de vie des abeilles est crucial dans le développement de vos colonies. Il faut bien avoir à l’esprit que les abeilles présentes au trou de vol en juin sont issues des oeufs pondus en avril. Pour avoir des colonies fortes en fin d’été, c’est donc au mois de juin que tout se joue ! Un manque de nourriture en cette saison peut donc avoir d’importantes répercussions sur l’hivernage. Surveillez donc les miellées et les réserves.

Au rucher
L’apiculteur pourra profiter de l’activité des cirières pour faire construire des cadres. C’est le dernier mois pour la construction des rayons et il est important de poursuivre leur renouvellement. Il en profitera alors pour jeter un oeil au couvain – reste-t-il abondant ? – et à la santé de la ruche – y a-t-il des signes de maladies, en particulier de varroa ? En cas de faiblesse du couvain, il pourra nourrir afin de stimuler la ponte de la reine (cela peut être le cas d’un essaim récupéré il y a peu). Cela permet de maintenir la dynamique de la ponte de la reine, c'est essentiel.
Agrandir et aérer : le soir les abeilles "font la barbe", elles s'agglutinent en paquet sous le plateau de sol. C'est le signe que la colonie est trop populeuse (dans ce cas il faut ajouter une hausse) ou que la ruche est trop chaude (dans ce cas il faut mettre un fond de ruche aéré).
Prendre soin des essaims artificiels qui doivent progresser régulièrement d'un cadre supplémentaire par mois

Juin, mois des transhumances
Pour certains apiculteurs, juin est un mois de transhumance. Après l’acacia, le tilleul puis la lavande sont deux gros fournisseurs de miel de qualité. L’apiculteur pourra profiter de ces floraisons en déplaçant ses ruches et en veillant à mettre des hausses nouvelles afin de recueillir un miel mono-floral. Les colonies seront introduites seulement lorsque 10 à 20% des fleurs sont ouvertes afin que les abeilles soient immédiatement attirées dans les cultures à polliniser et ne soient pas tentées de se tourner vers une source plus attractive. L’apiculture, si elle a quelques grandes règles de base, n’est pas pour autant science exacte ou pour le moins régulière. L’année apicole doit se ‘’ personnaliser ‘’ par l’observation de la ruchée, la connaissance de son environnement, des conditions et prévisions météo, et des options de l’apiculteur. L’apiculteur surveillera l’essaimage qui peut encore se produire.

Quelles sont les plantes mellifères au mois de juin ?
Le tilleul : procure un miel délicat. Sa floraison prend le relais de celle de l’acacia. C’est un arbre plus majestueux que ce dernier. Il rivalise avec le chêne en la matière, ce qui n’avait pas échappé aux anciens. Le tilleul est abondamment consommé en tisane pour ses vertus sédatives. Au mois de juillet, les abeilles ne se contentent pas de visiter le fond des corolles, elles récoltent également le miellat, produit par les pucerons se développant sur le feuillage dont ils ponctionnent la sève. Le miel de Tilleul peut entrer dans la composition poly-florale du miel de forêt ou faire l’objet d’un miel mono-floral. Dans ce cas, il est ambré-clair et prend, à l’état solide (cristallisation courte à longue), une teinte jaune plus ou moins sombre dont la granulation est moyenne.
La lavande : est le symbole de la Provence. Ces champs inspirent les peintres et les abeilles ! Elle a un petit cousin : le lavandin. Toutes deux de la famille des labiées, la lavande et le lavandin, que l’on confond très souvent, sont néanmoins d’espèces différentes. La lavande vraie est une espèce originelle, alors que le lavandin est un hybride qui résulte du croisement de la lavande vraie et de l’Aspic. La lavande (ou le lavandin) a pour l’apiculteur, outre la qualité du miel qu’elle fournit, une deuxième vertu : une fois séchées, ses tiges constituent un excellent combustible pour les enfumoirs. Il est toutefois à noter que la lavande ou lavandin n’apporte pas de pollen aux abeilles.
Le châtaignier : présent essentiellement sur les sols acides et un arbre élancé qui procure nectar et pollen à nos chères butineuses. Il procure un miel aux saveurs boisées avec une légère amertume. Riche en oligo-éléments (potassium, magnésium, manganèse et barym). Ce miel possède des vertus cicatrisantes.



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