Le travail de l'apiculteur en

Janvier

L’année 2021 commence par une belle période de froid.
Les jours vont commencer leur lente mais régulière croissance. Chaque journée ensoleillée sera un plus pour la colonie.
Pour l’apiculteur, le mois de janvier est souvent l’un des plus calme de l’année. Il en profite pour effectuer des promenades de surveillance en vérifiant les entrées des ruches.
C’est le moment également pour entretenir son matériel et lire les ouvrages apicoles reçus au pied du sapin.

Dans la ruche
La colonie continue à se protéger du froid et consomme ses réserves. Les abeilles sont regroupées en grappe et produisent de la chaleur qui permet de conserver l’essaim à environ 12°C.
Tout comme en décembre, les interventions de l’apiculteur en janvier sont limitées sur le rucher, il veillera à ne pas déranger les colonies.
Le couvain redémarre vers la mi-janvier, plus tard dans les zones plus froides, plus tôt dans le sud.
L’allongement de l’ensoleillement, la lumière plus vive qui entre par le trou de vol stimule les abeilles, elles consomment les réserves de miel et de pollen, la gelée royale apparaît la reine reprend sa ponte.

Au rucher
C’est le temps de l’entretien des corps de ruche, des hausses. Nettoyage, peinture, imprégnation, selon les habitudes de chacun. Il n’y a pas de remède miracle, un produit de qualité pour assurer une bonne protection sur un bois de mauvaise qualité ne donne pas de résultat satisfaisant. Avec des bois de qualité, les ruches sont encore là ½ siècle plus tard !
La désinfection des bois se fait avec un gros chalumeau. Il faut chauffer fort car les spores de loques résistent jusqu’à 140°C, le bois doit bien brunir tant elles s’incrustent.
Le propane chauffe bien plus que le butane, c’est à prendre en compte.
Pour les plastiques la désinfection se fera dans un bain de cristaux de soude à 10% (carbonate de soude) bien chaud (70°c maxi). Puis un trempage dans un bain d’eau de javel 1 berlingot dans 4,75l d’eau.
Le plus difficile est de trouver un bac au format. Il est possible d’utiliser un bac à vendange dans lequel entrent les plateaux de sol Nicot.
La désinfection des gants se fait dans un bain d’eau et de chlore (5 l d’eau et 2 pastilles de javel ou de chlore).
Le lève cadre sera passé à la flamme du chalumeau.
Les vêtements seront lavés en machine et désinfectés par trempage durant 1/2 heure dans une eau fortement javellisée, 1 litre pour 5 litres.
Il faut bien se rappeler que les maladies ont d’abord pour origine les pratiques de l’apiculteur.



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Décembre

Après un mois de novembre plutôt sec, avec du soleil et de la douceur qui ont permis aux abeilles de sortir, l’automne météorologique, qui s’est achevé lundi, a été l’un des plus doux jamais observés dans la région. Le froid et la grisaille se sont installés dans le Sud-Ouest.
L’hiver, qui vient de prendre le relais, débute avec des températures plus basses que d’ordinaire.
Il y aura encore de beaux jours et les abeilles réchauffées sortiront. Puis viendra le long hivernage.

Dans la Ruche
C’est le repos et le maître-mot est la paix. Cela ne veut pas dire laisser la ruche sans surveillance mais il faut y jeter un oeil de temps en temps : la toiture, les parois…Il est très important de ménager la tranquillité des abeilles : dérangées, elles s’agitent et consomment des provisions. Le stock doit rester conséquent et le plus longtemps possible. Il doit passer l’hiver, dont on ne peut supposer la durée et la rigueur.
Si on découvre un bon nombre d’abeilles mortes, il n’y a pas lieu de paniquer, c’est normal en cette période. La mort naturelle les touche en hiver et on peut compter dans les 3 000 morts en trois mois. Pour l’hygiène de la ruche, il est préférable mais non obligatoire de la débarrasser des cadavres au moyen d’un crochet.
Dans la ruche en décembre, les abeilles se pelotonnent autour de leur reine. Elles se regroupent en grappe, de plus en plus serrées si la température extérieure diminue, de façon à limiter les courants d’air et conserver la chaleur.
La colonie dépense la plus grande partie de son temps à réguler la température à l’intérieur de la ruche. La ponte est inexistante et la population reste stable. L’activité de la colonie est au ralentie… L’hiver, lorsque la température extérieure est inférieure à 18°C, la température du nid en présence de couvain doit se maintenir vers 34°C. Sans couvain, les abeilles peuvent survivre avec une température minimale de 13°C au coeur de l’essaim.
Il est tard et nuisible de donner de la nourriture liquide par temps froid : telle opération stimulerait la ponte, l’élevage de couvain et gaspillerait aussi les provisions. Vraiment, en cas d’absolue nécessité de « sauveté », il peut être envisagé de donner du candi : directement sur cadres, sous nourrisseur retourné, mais le risque demeure qu’il ne soit même pas utilisé (s’il fait trop froid pour la grappe). L’apiculteur avisé a su nantir son cheptel en tout début d’automne.

Au Rucher
L’apiculteur effectue des promenades de surveillance, veille à ce que la ruche ne soit pas attaquée ni dérangée.
Vous utiliserez quelques moments d’hiver pour parfaire au nettoyage de votre matériel, si ce n’est déjà fait ; les cadres de réserve seront passés en revue, grattés, réparés, re-cirés… Montez et cirez quelques cadres neufs qui vous seront utiles pour la saison prochaine et vous éviteront recherche et précipitation au moment opportun.
Profitez de l’inactivité des abeilles pour entretenir les abords du rucher. Vous prendrez le temps pour aménager, débroussailler vos emplacements (sans mettre en route des moteurs !).
Envisagez quelques plantations d’aromatiques ou plantes mellifères, thym, romarin, bourrache, sauge, plantez des arbres.
Le but étant de diversifier les sources de nectar et de pollen.



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Novembre

Dans la ruche
Avec des jours de plus en plus courts, la nature amorce son lent repos. Le froid s’installe.
Partout, les colonies se resserrent en grappe. Lors de belles journées ensoleillées, quelques abeilles réalisent leur vol de propreté.
L’hivernage commence et les abeilles doivent subir les invasions des rongeurs et lézards qui cherchent refuge. Pensez à mettre les réducteurs d’entrée
Sous les 10°, les abeilles, ont tendance à l’engourdissement, elles se mettent en grappe, pour se réchauffer, garder la reine à l’abri. Il n’est pas recommandé d’ouvrir sans rime ni raison, à fortiori, à cette époque pré-hivernale où le refroidissement de la colonie a des effets néfastes voire fatals. La reine a déjà considérablement réduit sa ponte. Les faux bourdons ont été chassés.
La colonie commence à vivre sur ses réserves, même si cette année octobre a été généralement doux et a vu l’abeille bien circuler, chargée, pour le moins, de pollen à défaut de nectar. Les floraisons sont quand même rares. Ne se manifeste bien que la fausse roquette, le lierre est épuisé.
Les réserves alimentent et servent de combustible à la colonie ; il est indispensable qu’elles soient bien pourvues.
Pour rappel, l’hiver nécessite une vingtaine de kilos de réserves. La surveillance alimentaire sera de mise. La pesée des ruches servira d’indicateur pour le nourrissement.
Pour l’apiculteur, les visites sont rapides, il ne doit pas déranger les colonies. Le temps est à l’entretien du matériel et à la préparation de la saison prochaine.

Au rucher

Le mois de novembre est propice à la remise en état du rucher : débroussailler, niveler, traiter les mauvaises herbes, réparation du matériel apicole, la désinfection des corps de ruche, l’entretien des hausses et des vêtements.
Quelques rappels :
• C’est le moment des réparations de matériel, des désinfections.
La propolis, la cire doivent bouillir et brûler. Le bois devra brunir. Toutes les parties ramollies devront être raclées, enlevées. Ce travail prophylactique est fondamental pour bien se tenir à l’écart de la loque et autres maladies dont l’apiculteur est le vecteur.
• Les lèves cadres seront systématiquement traités à la flamme. Bien que souvent omise, leur désinfection régulière est une précaution utile.
• Les gants seront en caoutchouc permettant de les rincer à l’alcool et ou de les tremper dans un seau d’eau javellisée.
• Les vêtements seront lavés en machine et désinfectés par trempage durant 1/2 heure dans une eau fortement javellisée, 1 litre pour 5 litres. Le voile sera lavé à la main.
Bien se rappeler que les maladies ont d’abord pour origine les pratiques de l’apiculteur.



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Octobre

Dans la ruche
En octobre le temps se rafraîchit (10 à 15° en moyenne) et devient pluvieux, c’est la période de préparation active de la mise en hivernage, tant de la part de l’abeille que de l’apiculteur, soucieux du bien-être de ses colonies.
Les abeilles se préparent à affronter l’hiver. Les butineuses ne récoltent plus grand-chose, les jeunes abeilles qui viennent de naitre n’ont plus beaucoup d’activité, elles passeront l’hiver dans la ruche.
La végétation bénéficie des derniers beaux jours, de plus en plus courts. Les abeilles butinent les fleurs de lierre, de ravenelle, de trèfle, de sarriette… qui marquent la fin de la saison.
Pour bien aborder les longs mois d’hiver, la colonie doit disposer de réserves suffisantes (entre 15 et 18 kg de miel dans le corps de ruche).

Au rucher
L’apiculteur réalise différents travaux au rucher et prépare l’hivernage.
Peser les ruches et noter les poids,
Il est important de vérifier la situation des réserves, tant en pollen qu’en miel. Si celles-ci sont insuffisante, prévoyez un nourrissement stimulateur.
Pour éviter d’éventuels intrus dans la ruche, les entrées seront réduites.
Au cours des prochaines semaines, Il faudra s’assurer que la ruche est bien protégée du froid et de l’humidité.

Resserrer les colonies et rassembler les plus faibles
L’apiculture est un exercice de modulation constante du volume des ruches pour l’adapter à celui de la colonie. L’important est que les abeilles soient toujours dans un espace resserré et au chaud. Il est important que les cadres soient le plus plein possible avec une surface de miel abondante, permettant à la grappe de rester au même endroit de la ruche si l’hiver est rude. Lors d’un coup de chaleur, si le miel vient à manquer d’un côté de la ruche, la grappe migre de l’autre côté de la ruche où se trouve encore du miel. Cela nous amène au constat que plus une colonie est prolifique, plus la grappe sera en capacité de s’étendre pour trouver le miel. Parfois, des colonies meurent de faim alors qu’à l’autre bout de la ruche se trouvaient des cadres avec du miel.
Sortir les cadres vides ou trop peu remplis de miel, placer des partitions isolantes de chaque côté des derniers cadres de miel. Ces partitions isolantes seront de préférence recouvertes d’un isolant aluminé pour réfléchir les rayons infra rouges produits par la grappe, cela accélère en janvier la reprise et donc la surface de ponte de la reine.

Retenez également qu’il vaut mieux une ruchée forte que deux ruchées faibles qui seront exposées à disparition. La visite fera repérer ces éventuelles ruchées faibles. De plus, une colonie plus importante consomme moins de miel que deux petites colonies.

Traitement anti varroa
Le traitement à dû commencer au mois de septembre. Pour ceux qui utilisent des lanières, les retirer et les gratter (les griffer d’un coup de cutter) pour relancer le dégagement des produit chimiques, les replacer dans le couvain et prévoir de les enlever début ou courant novembre. (A laisser 10 semaines en tout)
La survie des colonies en mars est, tout autant liée à la qualité et à l’efficacité du traitement contre varroa, qu’à la qualité du nourrissement.
Il faut effectuer le compte des varroas détruits et surtout traiter tout le rucher en même temps pour que les ruches ne se contaminent pas entre elles.

Consigner toutes vos interventions et observations dans votre registre d’élevage.



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Septembre

Le mois de septembre annonce déjà l’automne. Souvent chaud, avec des alternances de pluie, il voit le volume de fleurs diminuer.
Le nectar et les pollens de septembre servent à fabriquer les abeilles d’hiver. Les abeilles butinent les asters, le lierre, les arbousiers, les luzernes, le sapin (miellat recherché mais toxique pour les abeilles). Les abeilles trouvent encore à butiner sur les bruyères lorsque le temps est favorable à la montée du nectar dans ces fleurs.
Dans la ruche, le déclin démographique continue en raison des jours plus courts et des ressources moindres. La colonie commence à s’organiser, en particulier à trouver les mâles pas trop désirables. Ne craignez pas de voir quelques nymphes blanches, de ces derniers, extirpées des alvéoles par les abeilles, le phénomène est naturel. La ponte se réduit, le couvain va se restreindre ; les abeilles qui vont naître seront celles qui auront pour charge de passer l’hiver. Les mâles devenus bouches inutiles vont être remerciés et éjectés de la ruchée.
Même si les abeilles de nos régions vivent plus longtemps l’hiver, il ne faut pas oublier de nourrir les colonies massivement afin qu’elles constituent leurs réserves.

Au rucher
- Faire la visite générale d'automne.
C’est un inventaire, un état des lieux qui vise à constater, éventuellement cadre par cadre, l’état sanitaire de la colonie, ce que le couvain peut renseigner ; la situation des réserves, tant en pollen qu’en miel.
- Traiter contre le varroa
Le varroa, ennemi numéro 1 des abeilles, prolifère en masse dans les ruches. Maîtriser sa propagation est devenu indispensable pour la survie des colonies d’abeilles. Le traitement contre le varroa est à faire le plus vite possible et durant les 3 prochains mois. La population de varroa est forte en fin de saison apicole. Traiter après le 15 septembre c’est faire prendre un risque de mortalité́ hivernale aux colonies.
- Contrôler les réserves
Il est important que les cadres soient le plus plein possible avec une surface de miel abondante L’idéal étant que fin août les corps soient garnis de rayons bien pleins de miel sur toute leur hauteur.
Si besoin, Jusqu’au milieu du mois on peut, par nourrisseur complet et en continu, donner du sirop concentré (2 kg de sucre, 1l d’eau) pour peaufiner les réserves d’hiver. Après le 15 septembre donner seulement un peu de sirop léger (50/50 au plus), afin de relancer la ponte de la reine et peupler la colonie de beaucoup de jeunes abeilles. Mais à la fin du mois, il est impératif d’arrêter tout nourrissement, pour laisser sans activité les abeilles nouvellement nées, de manière à ce que leur suralimentation en pollen les enrichisse en corps gras. Cela permettra d’assurer de bonnes capacités nourricières au redémarrage de la ponte de la reine (janvier/février).
- Réunir les ruches faibles et resserrer les colonies
L’apiculteur visite et réduit le nombre de cadres en retirant les cadres vides ou insuffisamment pleins. Une partition limitera l’espace de vie des abeilles, pour augmenter la chaleur.
- Rétrécir les entrées pour éviter le pillage
- Noter les détails des traitements et nourrissement dans le registre d'élevage



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Août

Le mois d’août est un mois creux sur le plan des ressources pour l’abeille. Les floraisons abondantes sont terminées dans la plupart des régions.
Une situation contrastée s’est installée en cette fin juillet avec des épisodes pluvieux sur une partie de la France et la canicule sur une autre. Les fleurs devraient réapparaitre dans les champs et les jardins sur une partie du territoire. Pour l’apiculteur c’est presque la basse saison.

Dans la ruche en août, la population a commencé à décroître et la récolte a privé la ruche d’une part importante de ses réserves. Moins de ressources, c’est un changement d’organisation dans la ruche. Les mâles vont être expulsés.
Pour les apiculteurs ayant procédé à un nourrissement massif en juillet, les réserves ont commencé à croitre de nouveau ainsi que la surface de couvain. Pour un bon hivernage, il est important que des abeilles jeunes soient en nombre important d’ici la fin de l’été.

Ayant récolté au plus tard à la mi-Août, l’apiculteur doit maintenant préparer la ruche à l’hivernage. Deux mesures sont à prendre dans ce sens :
    • Traiter contre le varroa : l’apiculteur procède au traitement anti-varroa pour réduire le taux de varroa dans la ruche à un niveau tel qu’il devient supportable sachant qu’il ne serait pas possible de l’éradiquer totalement.
    • Renforcer les réserves : pour renforcer les réserves, l’apiculteur procède au nourrissement en utilisant un sirop à forte concentration en sucre. Les abeilles transforment le sirop en miel puis opercule et reconstituent les réserves dont elles auront besoin pour passer l’hiver.

Une fois la récolte effectuée, l’apiculteur commencera à nettoyer ses hausses vides, les accessoires et outils (pour éviter la contamination si la colonie est malade).

Les floraisons d’août
L’été est maintenant bien installé et les ressources en nectar et en pollen s’amenuisent. Toutefois de nouvelles floraisons apparaissent selon les régions.
Du côté des arbres, 3 belles essences se démarquent au mois d’août le Sophora du Japon (Sophora japonica), un des arbres les plus mellifères, l’albizzia (Albizia julibrissin) et le célèbre arbre à miel (Tetradum danielli).
L’arbre à poivre également appelé Gatillier (Vitex agnus-castus), est une plante buissonnante à la très belle floraison bleue.
Dans les jardins on citera également la présence remarquée de Ficoïde (Delosperma cooperi) ou de Lippia (Lippia nodiflorum), petite plante traçante formant de beaux tapis verdoyant et qui fleurit de juillet à septembre. Les bruyères et la menthe.

Bon à savoir :
Conserver ses cadres : La récolte est terminée. Les cadres de hausse ont été léchés par les colonies, plus une trace de miel n’est constatée. Il est alors impératif de bien les entreposer pour conserver le précieux travail des cirières.
Après les avoir triés pour mettre de côté les cires trop foncées, les rayons remplis de pollen, les cadres en bon état doivent être entreposés dans des conditions optimales pour les protéger des rongeurs et de la fausse teigne.
Pour ce faire l’apiculteur dispose de différentes solutions :
Stockage des cadres dans un lieu ventilé : Après avoir retiré toutes traces de cire et de propolis, sur les cadres et les hausses, empilez vos hausses dans un lieu ouvert à l’abri de la pluie. Veillez à installer en haut et en bas de la pile une tôle perforée ou à défaut une grille à reine afin de garder un puit de lumière et d’éviter l’intrusion des rongeurs. Surveillez régulièrement vos piles.
Vous stockez vos cadres dans un lieu fermé : L’utilisation des mèches de souffre est alors indispensable pour éviter le développement de la fausse teigne. Ce traitement ne tue pas les oeufs, il faut donc le renouveler 14 jours plus tard.



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Juillet

Après un printemps précoce, les floraisons se feront plus rares au mois de juillet. Le remplissage des hausses va en souffrir. La ruche va commencer à gérer la décroissance des ressources.
Les dernières récoltes approchent. En bien des endroits, il n’y en aura plus guère au-delà de juillet sauf les miellats (pucerons sur les sapins et les chênes, cicadelles sur les arbrisseaux, ronces qui donneront du Metcalfa).

Dans la ruche
Changement de programme dans la ruche. Les abeilles vivent au rythme des floraisons, passé le solstice de la Saint-Jean, les jours vont commencer à diminuer et la ruche va suivre le mouvement des jours. Pour les butineuses, l’arrière-saison sera l’occasion de peaufiner les récoltes pour l’hiver en pollens et en nectars. Et pourtant tout n’est pas fini pour l’apiculteur.
En ce début de mois, les journées longues et chaudes voient les allers-retours incessants des butineuses.
De 6 heures du matin à 9 heures du soir, cela fait 15 heures d’activités. De quoi remplir les hausses si les floraisons sont là.
Les lavandes sont encore en fleur. De nouvelles fleurs comme la bourrache et la phacélie sont très appréciées des abeilles. La luzerne et le tournesol sont aussi en fleur selon le calendrier des agriculteurs.
Le miel de tournesol est la première production de miel en France.
Pensez à mettre un point d’eau à vos abeilles.

Au Rucher
Si ce n’est déjà fait, le mois de juillet sera celui de la récolte. Pour en décider, il faut vérifier d’abord que les cadres de hausse sont remplis et operculés. Le miel non operculé ne dispose pas du faible degré d’humidité nécessaire à sa conservation une fois extrait.
Ensuite l’apiculteur prépare sa récolte en plaçant un chasse-abeilles entre la ruche et la hausse la veille de la récolte. Ainsi le jour de la récolte, il restera peu d’abeilles dans la hausse. Celles-ci seront chassées et la hausse retirée puis couverte afin d’éviter que les abeilles n’y reviennent. S’il dispose de peu de ruches, il pourra sortir les cadres un par un en laissant la hausse en place, les brosser de leurs abeilles puis enfermer les cadres dans une caisse de récolte. Après l’extraction, il pourra remettre les cadres dans leur hausse afin que les abeilles les lèchent et récupèrent le miel restant.
L’extraction se fait dans une pièce fermée, à l’abri des abeilles. L’apiculteur récolte le miel et la cire.

Après cette dernière récolte, il est bon de noter l’état des colonies. Trois critères peuvent suffire :
    - L’état sanitaire se vérifie par la qualité du couvain, régulier, serré, non mycosé, abondant. Signes d’une bonne reine et d’une colonie en bon état démographique entre les diverses catégories d’abeilles, nourrices et butineuses.
    - Ensuite par le nombre des abeilles et un comportement « normal ».
    - L’importance des récoltes faites et le corollaire des réserves disponibles dans les corps.
Une bonne odeur ne gâte rien, une odeur inconnue ou désagréable doit attirer immédiatement l’attention. Un couvain dont de nombreuses cellules ne sont pas operculées, laissant une larve visible finissant par mourir (risque de loque européenne ?), doit attirer l’attention sur l’infestation par le varroa. De même des abeilles aux ailes atrophiées sont le signe de maladies induites par le varroa.

Pour les essaims artificiels, le point de repère est qu’ils soient sur 4 cadres en juillet pour atteindre 5 cadres fin septembre. Ce point est à retenir absolument.



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Juin

Ce mois de juin représente la fin du Printemps et le début de l’été.
Le printemps a été précoce, de belles floraisons sur des sols frais et humides, les apiculteurs de l’hexagone s’accordent à dire, cette année, que les miellés de printemps étaient au rendez-vous et en avance.
La conséquence inévitable sera une faible abondance de floraison en juin. Selon l’environnement, la ruche pourra manquer de nourriture en cours de mois. Le nectar se fait plus rare, le pollen rentre moins et les colonies peuvent avoir faim.

Surveiller les réserves

Le calendrier de vie des abeilles est crucial dans le développement de vos colonies. Il faut bien avoir à l’esprit que les abeilles présentes au trou de vol en juin sont issues des oeufs pondus en avril. Pour avoir des colonies fortes en fin d’été, c’est donc au mois de juin que tout se joue ! Un manque de nourriture en cette saison peut donc avoir d’importantes répercussions sur l’hivernage. Surveillez donc les miellées et les réserves.
Nettoyer toute trace de miel pour éviter le risque de pillage. Près des ruches, les entrées seront dégagées des hautes herbes qui pourraient gêner le vol des butineuses chargées.

Dans la ruche en juin, c’est effervescence. La population d’abeilles est à son maximum.

Jusqu’au 21 juin, la reine pond abondamment dans la ruche. A partir du solstice, le manque de pollen et de nectar entraine une diminution de la ponte et 21 jours plus tard, le 14 juillet, les naissances sont plus abondantes que les oeufs pondus.
Jusqu’à la mi-juillet, les abeilles continuent de bâtir. En effet, la construction est le fait des cirières ; c’est à dire des abeilles qui ont atteint environ 12 jours d’âge. Cette production dure moins d’une semaine. Cette très courte fonction cirière chez l’abeille donne lieu à la construction des rayons dans la mesure où le nombre de cirières est important et que nectar et pollen rentrent en abondance.
Le solstice marque donc un vrai changement de saison pour les abeilles.

L’apiculteur pourra profiter de l’activité des cirières pour faire construire des cadres. Pour le renouvellement immédiat des anciens cadres, des trop noircis, ou la constitution d’un stock qui aura toujours utilité ultérieurement. Il en profitera alors pour jeter un oeil au couvain – reste-t-il abondant ? – et à la santé de la ruche – y a-t-il des signes de maladies, en particulier de varroa ?
En cas de faiblesse du couvain, il pourra nourrir afin de stimuler la ponte de la reine (cela peut être le cas d’un essaim récupéré il y a peu).

Pour certains apiculteurs, juin est un mois de transhumance. Après l’acacia, le tilleul puis la lavande sont deux gros fournisseurs de miel de qualité. L’apiculteur pourra profiter de ces floraisons en déplaçant ses ruches et en veillant à mettre des hausses nouvelles afin de recueillir un miel mono-floral. Les colonies seront introduites seulement lorsque 10 à 20% des fleurs sont ouvertes afin que les abeilles soient immédiatement attirées dans les cultures à polliniser et ne soient pas tentées de se tourner vers une source plus attractive.

Les plantes mellifères au mois de juin ?
Le tilleul
Le tilleul procure un miel délicat. Sa floraison prend le relais de celle de l’acacia. C’est un arbre plus majestueux que ce dernier. Il rivalise avec le chêne en la matière, ce qui n’avait pas échappé aux anciens. Le tilleul est abondamment consommé en tisane pour ses vertus sédatives. Au mois de juillet, les abeilles ne se contentent pas de visiter le fond des corolles, elles récoltent également le miellat, produit par les pucerons se développant sur le feuillage dont ils ponctionnent la sève. Le miel de Tilleul peut entrer dans la composition poly-florale du miel de forêt ou faire l’objet d’un miel mono-floral. Dans ce cas, il est ambré-clair et prend, à l’état solide (cristallisation courte à longue), une teinte jaune plus ou moins sombre dont la granulation est moyenne.
La lavande
La lavande est le symbole de la Provence. Ces champs inspirent les peintres et les abeilles ! Elle a un petit cousin : le lavandin. Toutes deux de la famille des labiées, la lavande et le lavandin, que l’on confond très souvent, sont néanmoins d’espèces différentes. La lavande vraie est une espèce originelle, alors que le lavandin est un hybride qui résulte du croisement de la lavande vraie et de l’Aspic. La lavande (ou le lavandin) a pour l’apiculteur, outre la qualité du miel qu’elle fournit, une deuxième vertu : une fois séchées, ses tiges constituent un excellent combustible pour les enfumoirs. Il est toutefois à noter que la lavande ou lavandin n’apporte pas de pollen aux abeilles.
Le châtaignier
Le châtaignier présent essentiellement sur les sols acides et un arbre élancé qui procure nectar et pollen à nos chères butineuses. Il procure un miel aux saveurs boisées avec une légère amertume. Riche en oligo-éléments (potassium, magnésium, manganèse et barym). Ce miel possède des vertus cicatrisantes.



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